|
23èmes
Rencontres A.F.A.Verre - Communications (17 - 19 octobre 2008)

DE
L’HOMME A LA MACHINE, 150 ANS DE FORMAGE DES BOUTEILLES
DANS LE NORD DE LA FRANCE (1760-1910)
Stéphane PALAUDE et Jacqueline
FALCONNET-SERIS
Maître de verreries dans le Nord de la France,
Eugène Houtart écrit dans son Rapport du jury
international de l’exposition universelle de 1900 que
« les différents ouvrages qui ont été
publiés sur l’art de la verrerie, négligent
généralement la fabrication des bouteilles ».
Sur ce point, il n’a pas tort car il faut attendre la
fin du XXe siècle pour que paraissent par exemple In
glas verpakt de Johan Soetens ou encore Antique glass bottles
de Willy Van den Boosche, livres presque entièrement
consacrés à ce sujet précis. Maintenant,
Eugène Houtart fait complète abstraction d’une
œuvre magistrale qui traite parmi d’autres sujets,
de l’histoire du formage de la bouteille : l’Encyclopédie
de Diderot et d’Alembert. Précisément,
le Recueil de planches sur les sciences, les arts libéraux,
et les arts méchaniques avec leur explication paru
en 1762 contient de larges explications sur la fabrication
des contenants, manifestation d’un travail purement
humain. À l’opposé, à la fin des
années 1900, l’avenir s’entrevoit par l’utilisation
de machines où la part du travail manuel est réduite
à une simple expression gestuelle. Or cet objet commun
qu’est devenue la bouteille en verre, commun au point
d’appartenir à notre quotidien sans que nous
n’y prêtions plus aucune attention, cet objet
est le fruit de prospections spécifiques aujourd’hui
encore mal reconnues. Les industriels ne sont pas passés
de l’homme à la machine sur l’espace d’un
instant. En 150 ans, le formage des bouteilles au Nord de
la France a subi sa petite révolution technologique,
avec tout ce que cela implique de recherche de régularité
et de vitesse dans l’exécution. Tout a débuté
à la verrerie de Sèvres au Bas-Meudon où
les encyclopédistes se sont rendus ; unique point originel
de référence connu à ce jour. Bien évidemment,
il ne s’agit pas d’établir une liste exhaustive
de tous les procédés employés, mais bien
d’expliquer combien certains points de détail
ont conduit à l’apparition de l’avenir
mécanique. Et il est nécessaire de poser ici
un jalon afin que les chercheurs européens à
venir n’écartent plus dans leurs investigations
ce qui semble de prime abord insigne, mais qui a parfaitement
joué un rôle dans l’évolution des
techniques de formage des contenants entre 1760 et 1910.
Sommaire
des communications
|