|
23èmes
Rencontres A.F.A.Verre - Communications (17 - 19 octobre 2008)

LE
SOUFFLE-MOULE CHEZ LALIQUE, UN PRINCIPE UNIQUE POUR DES APPLICATIONS
DIFFERENTES AU SERVICE DE L’ART
Véronique BRUMM
René Lalique, ce créateur de génie
qu’Emile Gallé avait désigné comme
l’inventeur du bijou moderne parce qu’il avait
su renouveler cet art tant par les sources d’inspiration
que par les matériaux utilisés, s’intéressera
au verre dès les années 1890. Le gravant et
le sertissant, il l’utilise progressivement pour remplacer
les gemmes. Un peu plus tard, il expérimente la technique
du soufflage dans un moule, mais un moule précieux,
en argent ciselé, restant solidaire du verre qu’il
enserre pour devenir monture.
Sa rencontre avec François Coty, l’amenant non
seulement à créer mais aussi à produire
des flacons de parfum, lui ouvre de nouveaux horizons. À
l’exception de modèles réalisés
en quelques exemplaires selon la technique de la cire perdue,
René Lalique va régner en maître sur les
techniques permettant des éditions illimitées.
Si le moulé-pressé devient prépondérant,
en particulier dans son usine de Wingen-sur-Moder construite
au lendemain de la Première Guerre mondiale, le soufflé-moulé
lui permettra de continuer la création de flacons de
parfum, de gobeleterie, de vases... Il explorera les possibilités
offertes par cette technique et trois brevets sur les seize
qu’il déposera la concerneront.
En devenant fabricant afin de ne pas être tributaire
de moyens extérieurs, sans pour autant cesser d’être
un artiste, René Lalique réunit les deux conditions
essentielles du succès. Il a aussi le génie
de maintenir l’harmonie entre elles, veillant à
ne point sacrifier les intérêts spirituels aux
intérêts matériels, son prestige et ses
convictions d’artiste aux exigences de sa réussite
industrielle.
Sommaire
des communications
|